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 Bulletins techniques
mai 2013

Les sports récréatifs motorisés

Par Nicolas Rousseau ing., CFEI, CVFI,

Figure 1 : Accident de VTT (image : www.lanouvelle.net)

Ces dernières années, nous avons remar­qué une importante recru­descence du nombre d'adeptes des sports récréatifs motorisés, tels que la motoneige, le véhicule tout terrain (VTT), la moto hors-route ou la motomarine. En effet, selon les statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec, plus de 525 000 véhicules hors route étaient immatriculés au Québec en 2010. L'explosion des ventes de ces véhicules s'est accompagnée d'une évolution technologique fulgurante de la part des manufacturiers. Bien que souvent utiles comme machines de travail, ces véhicules sont davantage utilisés pour la pratique d'activités sportives ou de loisirs en famille.

Figure 2 : Accident de motoneige (image de TVA Nouvelles)

Au cours des dix dernières années, les manufacturiers de véhicules récréatifs moto­risés ont rivalisé d'ingéniosité afin d'élever le niveau technologique de leurs produits. Les résultats ne sont pas à négliger : diminution considérable de poids, amé­lioration de la conduite et de la stabilité, diminution de la consommation d'essence, augmentation de la performance et de la puissance des moteurs, etc. Présentement, sur le marché, nous retrou­vons une gamme impressionnante de modèles de véhicules récréatifs motorisés permettant de satisfaire tout genre d'utili­sateur. Il existe donc plusieurs types de motoneiges, tels que : la motoneige de performance, de montagne, de luxe, utili­taire, de randonnée, pour enfants, etc. Cela s'applique également pour les VTT, soit de randonnée, de performance, sportifs, côte à côte et pour enfants.

Figure 3 : Image de TVA Nouvelles montrant un accident de VTT

Les endroits les plus populaires pour la pratique de la motoneige ou du VTT sont sans aucun doute les sentiers fédérés qui sillonnent toutes les régions du Québec. Il existe en effet un important réseau de sentiers entretenus et balisés par près de 120 clubs et associations qui se partagent les quelques 54 000 kilomètres de sentiers du Québec. Lorsqu'un utilisateur circule dans un sentier fédéré, il doit se soumettre à certaines règles afin d'assurer sa sécurité et celle des autres motoneigistes ou quadistes empruntant les mêmes sentiers. Un certain nombre de lois et règlements sont en vigueur afin d'encadrer la pratique de ces sports motorisés. Certains règle­ments portent sur le comportement à adopter en sentier, la formation obligatoire pour les conducteurs, la signalisation dans les sentiers, etc. La plupart des lois et règlements peuvent être consultés sur le site Internet de La Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec, La Fédération Québécoise des motos hors route et sur celui de La Fédération Québécoise des Clubs Quads. De plus, il est possible de connaître les modifications permises ou non au niveau des composantes mécaniques ou des accessoires installés sur ces véhicules.

Figure 4 : Matane Motosport détruit par le feu (source Radio Canada)

Nombre de personnes croient à tort qu'il n'existe pas de règlement lors de la conduite de leur engin hors sentier. Or, les lois et règlements sont applicables et doivent être respectés en tout temps. Selon un article publié par MétéoMédia concernant la pratique de la motoneige, en moyenne 40 % des accidents de motoneiges découlent d'une perte de contrôle et 27 % d'une collision avec un autre véhicule. Ces accidents étant la plupart du temps attribuables à la vitesse trop élevée, la consommation d'alcool ou l'inexpérience des conducteurs. Aussi, au cours des dix dernières années, il y eut en moyenne vingt-sept décès de motoneigistes par année et dans 16 % de ces cas, ces décès sont dus à des noyades. La vitesse permise dans les sentiers fédérés de motoneiges est établie à 70 km/h, tandis que celle dans les sentiers fédérés de quads est établie à 50 km/h, à moins d'avis contraires dans les deux cas. D'ailleurs, plusieurs conducteurs négligents utilisent les sentiers comme des circuits de courses. En agissant de la sorte, ces conducteurs téméraires s'exposent à de graves blessures ou mettent en danger leur vie et celle des autres utilisateurs.

Malgré l'évolution technologique de ces engins mécaniques, il faut se rappeler que nul utilisateur n'est à l'abri de quelconques incidents, tels l'incendie du véhicule, un accident résultant d'un bris mécanique, de la perte de contrôle reliée à la vitesse excessive, à l'inexpérience du conducteur, aux conditions des sentiers ou à la signalisation déficiente en sentier. Plusieurs de ces accidents peuvent donner lieu à des litiges qui devront être tranchés par les tribunaux et nécessiteront des expertises techniques. À cet égard, nombre d'aspects peuvent être analysés par les experts d'Experts-Conseils CEP inc. dans le cadre d'une expertise visant à établir la cause d'un accident. En effet, en plus de l'examen mécanique des véhicules, il existe diverses méthodes et techniques d'analyses et de calculs permettant la reconstitution d'accidents de véhicules. Ces techniques offrent également la possibilité de fixer les paramètres d'un accident sur une base scientifique, en laissant moins de place à la subjectivité.